Image Gianmaria Buccellatti, de la série Drapery, photographie couleur marouflée
sur aluminium, 62 x 50 cm, 2013 - 2014.

Comme d'autres séries photographiques recourant aux retouches, manipulations et recadrages d'images publicitaires
(New Faces, Glorious Bodies, Touching Up) l'ensemble Drapery procède d'un protocole strict: découper dans des magazines de mode des pages reprenant des images de mains soigneusement sélectionnées, chiffonner le papier, photographier l'image froissée.

Il en résulte des compositions élégantes et mystérieuses où la main s'offre comme un épicentre animant l'action des matières et des étoffes, des ombres et des lumières. Dégagée de sa liseur et de sa superficialité, l'image de mode est engagée dans une exploration de la matérialité picturale, des évocations symboliques, des éclats du sacré et des ellipses érotiques. C'est comme si l'histoire de l'art se réanimait dans les plis de l'image.

Cette série, indique Yves Randaxhe, confirme les préoccupations de Sophie Langohr: la représentation du corps et son usage, entre autres dans la publicité ; les manipulations de l’image ; la dialectique de la surface et de la profondeur, illustrée puissamment par les drapés et les jeux d’apparition – disparition du support original de l’image, mais aussi par la présence récurrente de la peau (...).

in L'image qui vient, catalogue d'exposition, Iselp, 2016.

Lire le texte: Yves Randaxhe, Double / Trouble, Variations autour de l'exposition Drapery de Sophie Langohr, janvier 2015.
In Le journal #3, Pages 26-27, ESA Saint- Luc, Liège, 2015.